Bitcoin en Chine : levée de l’interdiction prévue en 2025 ?

En 2021, la Chine a interdit le minage et les transactions de Bitcoin, faisant chuter la puissance de calcul locale de plus de 70 %. Pourtant, le hashrate chinois s’est maintenu à un niveau élevé, selon les données de Cambridge, signalant une activité clandestine persistante.

Les autorités poursuivent une politique de répression ferme, tout en laissant subsister des zones grises d’exploitation, parfois tolérées à l’échelle locale. Pékin conserve un contrôle strict sur les plateformes d’échange, mais le retour du débat sur une possible légalisation en 2025 alimente interrogations et spéculations parmi les acteurs du secteur.

Où en est vraiment le minage de Bitcoin en Chine aujourd’hui ?

Le minage de bitcoin en Chine n’a pas tiré sa révérence. Malgré la loi de 2021 qui a frappé fort, le pays continue de peser sur le hashrate mondial, mais désormais, c’est en marge, loin du grand jour. Les chiffres de Cambridge l’attestent : la Chine détient encore entre 15 % et 20 % de la puissance globale du réseau bitcoin. Les mineurs se sont adaptés, ils n’ont pas disparu. Beaucoup se sont installés dans des régions où l’électricité coûte peu, où les contrôles s’espacent, opérant souvent en toute discrétion.

Le marché du minage a changé de visage : il a glissé sous la surface, échappant aux radars du pouvoir central. Les grandes exploitations qui n’ont pas migré vers le Kazakhstan, les États-Unis ou le Canada se sont scindées en petits ensembles mobiles et furtifs. Ce phénomène de “minage fantôme” prospère : l’activité subsiste, masquée, parfois tolérée par des responsables locaux séduits par les retombées financières.

Pour mesurer ce phénomène, quelques repères s’imposent :

  • La capitalisation boursière du bitcoin dépassait 900 milliards de dollars à la fin de 2023.
  • Le prix du bitcoin reste sensible à la stabilité du hashrate chinois.
  • La demande chinoise pour du matériel de minage, moins visible qu’avant, continue d’alimenter l’industrie mondiale des équipements spécialisés.

La crypto conserve une place de choix pour une partie des entrepreneurs chinois. Face aux obstacles, les mineurs innovent : camouflage des flux via VPN, multiplication de petites fermes, décentralisation poussée… Le secteur s’est réinventé pour continuer d’exister, démontrant une résilience qui met Pékin face à ses propres limites.

Interdiction et contournements : comment l’industrie s’adapte face aux restrictions

La banque populaire de Chine a tranché : depuis 2021, toute transaction en cryptomonnaies est officiellement prohibée, le bitcoin relégué hors-la-loi. Rien n’a été laissé au hasard : fermeture des plateformes offshore, pression sur les stablecoins, contrôle renforcé par les banques commerciales. Les signaux suspects sont traqués, les flux surveillés par algorithmes, le KYC musclé. La banque centrale veille au grain.

Malgré ce verrouillage, les acteurs du secteur ne se sont pas effacés. Les crypto-monnaies se sont métamorphosées, leurs usages aussi. Les transactions migrent vers des circuits privés, ou s’appuient sur des moyens de paiement alternatifs. Les échanges pair-à-pair prolifèrent discrètement sur Telegram ou WeChat, échappant aux plateformes centralisées. On voit émerger trimestre après trimestre une nouvelle génération de solutions décentralisées, toujours plus difficiles à contrôler.

Cette adaptation se traduit par des stratégies concrètes :

  • L’utilisation des stablecoins explose pour franchir les barrières liées au dollar.
  • Les réseaux d’échanges fermés, fondés sur la confiance et le cercle social, se multiplient.
  • L’appétit grandit pour les nouveaux tokens, souvent conçus pour échapper à la surveillance.

La banque populaire resserre l’étau, mais la demande ne faiblit pas. Les crypto-monnaies circulent de façon fragmentée, contournant la rigidité des règles sur les transactions en yuan. Malgré la pression, l’écosystème trouve toujours la brèche.

Le gouvernement chinois face aux cryptomonnaies : signaux, discours et perspectives pour 2025

La banque populaire de Chine ne varie pas : priorité à la stabilité financière, lutte contre la fuite des capitaux. Mais quelques signaux faibles percent le discours. Lors d’un récent Forum financier à Pékin, certains économistes proches du pouvoir ont glissé que le potentiel des actifs numériques mériterait “évaluation” pour stimuler l’innovation monétaire. Le mot cryptomonnaies n’a pas été lâché, mais la porte s’entrouvre, le sujet n’est plus tabou.

Le développement rapide du yuan numérique rebat les cartes. La banque centrale multiplie les tests grandeur nature, paiements, transferts, intégration au système bancaire. L’idée d’une cohabitation, certes encadrée, entre le yuan numérique et certains stablecoins n’a plus rien d’incongru. Des groupes de travail internes creusent la question, en observant de près ce qui se fait à l’étranger et en étudiant les modèles de régulation.

Année Discours officiel Actions concrètes
2022 Renforcement de l’interdiction Clôture de plateformes, sanctions
2023 Mise en avant du yuan numérique Lancement de pilotes régionaux
2024 Appels à la prudence Consultations discrètes avec les fintechs

La capitalisation boursière des cryptomonnaies, exprimée en milliards de dollars, reste sous étroite surveillance. Le prix du BTC a changé de statut : d’indicateur spéculatif, il est devenu un signal macroéconomique suivi dans les rapports internes de la banque populaire de Chine. L’année 2025 se profile comme un tournant. Les débats s’intensifient, la perspective d’un assouplissement du cadre réglementaire s’installe dans le paysage.

Jeune homme chinois utilisant son smartphone avec logo Bitcoin devant un café à Beijing

Quelles conséquences pour les investisseurs et le marché mondial des cryptos ?

L’idée d’une possible fin de l’interdiction du bitcoin en Chine dès 2025 bouscule les anticipations. Les marchés réagissent avant même que Pékin ne tranche. Les investisseurs institutionnels auscultent chaque propos de la banque populaire de Chine, surveillent les flux, guettent le moindre signal. Le retour de la Chine dans l’arène crypto pourrait propulser la capitalisation boursière de plusieurs centaines de milliards de dollars en quelques mois à peine.

Les répercussions se feraient sentir sur deux fronts : le prix du bitcoin et la liquidité des marchés. Les produits financiers dérivés, à commencer par les ETF spot bitcoin, attireraient de nouveaux capitaux, tout comme les plateformes d’échange internationales. Les fortunes chinoises, jusqu’ici exilées ou prudentes, pourraient revenir en force sur le BTC, mais aussi sur ethereum et les autres crypto-actifs majeurs.

Voici quelques scénarios qui se dessinent :

  • La volatilité augmenterait nettement, le retour des capitaux chinois, historiquement enclins à la spéculation, décuplant les fluctuations du prix.
  • Le centre de gravité géographique se déplacerait : la domination américaine sur les volumes d’ETF spot bitcoin serait remise en question.
  • Les transactions transfrontalières s’accéléreraient, favorisant l’arbitrage et la diversification via le bitcoin et l’ethereum.

Les stratégies d’investissement devraient être repensées. Les institutionnels ajusteraient leur exposition, tandis que les gestionnaires d’actifs privilégieraient une approche agile, avec une vigilance particulière sur la gestion des risques. Le paysage mondial s’apprêterait à accueillir une Chine redevenue incontournable sur la scène crypto. La partie ne fait que commencer : le marché n’a pas fini d’être secoué par les choix de Pékin.

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